mercoledì 27 dicembre 2017

Gustave Flaubert. L’ambizione di Pécuchet era il sapere filosofico


      Vollero fare come in passato una passeggiata nei campi, andarono molto lontano, si perdettero. Piccole nuvole si accavallavano in cielo, il vento faceva oscillare le campanule dell’avena, un ruscello mormorava lungo un prato, quando d’un tratto un odore infetto li fermò: ed essi videro sui ciottoli, tra i giunchi, la carogna di un cane.
     Le quattro zampe erano disseccate. Il rictus delle fauci scopriva sotto le labbra bluastre zanne; invece del ventre c’era un ammasso di colore terroso, che sembrava palpitare, tanto vi brulicavano i vermi. Che si agitavano colpiti dal sole, sotto il ronzio delle mosche, in quell’odore intollerabile, un odore feroce e come divorante.
     E Bouvard corrugava la fronte; e lacrime inumidirono i suoi occhi. Pécuchet disse stoicamente: “un giorno saremo così!”.
     L’idea della morte li aveva presi. Ne parlarono tornando indietro.
     Dopo tutto, essa non esiste.  Uno se va nella rugiada, nella brezza, nelle stelle. Si diventa parte della linfa degli alberi, dello splendore delle pietre preziose, del piumaggio degli uccelli. Si restituisce alla natura quello che essa ci prestato e il niente che è davanti a noi non è più spaventoso del nulla che abbiamo dietro le spalle.
     Provarono a immaginarlo sotto nella forma di una notte intensa, di un buco senza fondo, di un continuo venir meno. Qualsiasi cosa valeva do più di quest’esistenza monotona, assurda e senza speranza.
     Ricapitolarono i loro bisogni inappagati. Bouvard aveva sempre desiderato cavalli, carrozze, i grandi vini di Borgogna, e belle donne compiacenti in una splendida abitazione. L’ambizione di Pécuchet era il sapere filosofico. Ora, il problema più vasto, quello che contiene tutti gli altri, può risolversi in un attimo. Quando arriverà quell’attimo?
     “Tanto vale subito, e finirla!”
     “Come vuoi” disse Bouvard.
     Ed esaminarono la questione del suicidio.
     Dov’è il male nel respingere un fardello che vi schiaccia?
E nel commettere un’azione che non nuoce a nessuno? Se essa offendesse Dio, ne avremmo il potere? Non è viltà, anche se lo si dice; ed è bella l’insolenza di schernire, anche se a proprio danno, ciò che gli uomini stimano di più.
     Discussero dei generi di morte.
     Il veleno fa soffrire. Per tagliarsi la gola, ci vuole troppo coraggio. Con l’asfissia, spesso si fallisce.
Infine Pécuchet portò in soffitta due corde che erano servite per la ginnastica. Poi, avendole legate alla stessa traversa del tetto, lasciò penzolare un nodo scorsoio, e vi spinse sotto due sedie.
     Fu deciso questo mezzo.




GUSTAVE FLAUBERT (1821 - 1880), Bouvard e Pécuchet (1881, postumo), introduzione, traduzione e cura di Franco Rella, Feltrinelli, Milano 2009 (seconda edizione, prima edizione nell’«Universale Economica» 1998), VIII., pp. 226 – 227.

Charles Huard (1874 - 1965),  Bouvard et Pécuchet, illustrazione per il romanzo omonimo. Bibliothèque Nationale, Paris.
     
     Ils voulurent faire, comme autrefois, une promenade dans les champs, allèrent très loin, se perdirent. De petits nuages moutonnaient dans le ciel, le vent balançait les clochettes des avoines, le long d’un pré un ruisseau murmurait, quand tout à coup une odeur infecte les arrêta, et ils virent sur des cailloux, entre des joncs, la charogne d’un chien.
     Les quatre membres étaient desséchés. Le rictus de la gueule découvrait sous des babines bleuâtres des crocs d’ivoire; à la place du ventre, c’était un amas de couleur terreuse, et qui semblait palpiter, tant grouillait dessus la vermine. Elle s’agitait, frappée par le soleil, sous le bourdonnement des mouches, dans cette intolérable odeur, odeur féroce et comme dévorante.
     Cependant Bouvard plissait le front et des larmes mouillèrent ses yeux.
     Pécuchet dit stoïquement:
     — Nous serons un jour comme ça!
     L’idée de la mort les avait saisis. Ils en causèrent, en revenant.
     Après tout, elle n’existe pas. On s’en va dans la rosée, dans la brise, dans les étoiles. On devient quelque chose de la sève des arbres, de l’éclat des pierres fines, du plumage des oiseaux. On redonne à la Nature ce qu’elle vous a prêté et le Néant qui est devant nous n’a rien de plus affreux que le Néant qui se trouve derrière.
     Ils tâchaient de l’imaginer sous la forme d’une nuit intense, d’un trou sans fond, d’un évanouissement continu; n’importe quoi valait mieux que cette existence monotone, absurde et sans espoir.
Ils récapitulèrent leurs besoins inassouvis. Bouvard avait toujours désiré des chevaux, des équipages, les grands crus de Bourgogne, et de belles femmes complaisantes dans une habitation splendide. L’ambition de Pécuchet était le savoir philosophique. Or le plus vaste des problèmes, celui qui contient les autres, peut se résoudre en une minute. Quand donc arriverait-elle ?
     — Autant tout de suite en finir.
     —  Comme tu voudras, dit Bouvard.
     Et ils examinèrent la question du suicide.
     Où est le mal de rejeter un fardeau qui vous écrase? et de commettre une action ne nuisant à personne? Si elle offensait Dieu, aurions-nous ce pouvoir? Ce n’est point une lâcheté, bien qu’on dise, et l’insolence est belle de bafouer, même à son détriment, ce que les hommes estiment le plus.
     Ils délibérèrent sur le genre de mort.
     Le poison fait souffrir. Pour s’égorger, il faut trop de courage. Avec l’asphyxie, on se rate souvent.
     Enfin, Pécuchet monta dans le grenier deux câbles de la gymnastique. Puis, les ayant liés à la même traverse du toit, laissa pendre un nœud coulant et avança dessous deux chaises pour atteindre aux cordes.
    Ce moyen fut résolu.



GUSTAVE FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, Œuvre posthume, in Œvres Complètes de Gustave Flaubert, ‎Louis Conard, Paris 1910 (première édition Alphonse Lemerre, Paris 1881), Chapitre VIII, pp. 293 – 295.

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